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Les conclusions glaçantes du nouveau rapport de l’IPBES

Vendredi, 30 Octobre 2020

Le lien entre l’effondrement actuel de la biodiversité et l’émergence des pandémies, est l’objet du nouveau rapport de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), publié le jeudi 29 octobre 2020. Les experts y soulignent que, sans l’adoption d’une approche préventive au niveau mondial, les pandémies émergeront plus souvent, se propageront plus rapidement, et affecteront encore plus durement notre santé et nos économies. 


Les conclusions de ce rapport sont sans appel, un changement radical d’approche est nécessaire pour éviter de nouvelles pandémies potentiellement encore plus destructrices que celle du Covid-19. Comme l’explique Peter Daszak qui a dirigé l’élaboration du rapport, « les mêmes activités humaines qui sont à l'origine du changement climatique et de la perte de biodiversité entraînent également le risque de pandémie par leurs impacts sur notre environnement ». L’espèce humaine est seule détentrice des clés d’un changement désormais plus qu’urgent, d’autant que plus de 850 000 virus inconnus présents dans la nature pourraient encore infecter l'être humain. Les experts mandatés par l’IPBES expliquent qu’aborder les pandémies sous le seul angle des traitements médicaux et des vaccins n’est pas la bonne solution. Ils estiment que la prévention, serait cent fois moins coûteuse que la réponse à une pandémie. 


Parmi les préconisations, mener de larges études sur les zones géographiques les plus à risque, mieux contrôler le commerce de la faune sauvage, et lutter contre la déforestation. Selon les scientifiques, il serait par exemple nécessaire d’intégrer les risques de pandémie dans les études d'impact des grands projets d'aménagement et d'utilisation des terres. De plus, les auteurs du rapport invitent à prendre en compte le cout économique des pandémies dans la consommation et la production. Cela pourrait passer par la mise en place de taxes pour les activités à haut risque de pandémie. Enfin, un point capital du rapport est la proposition de généraliser le principe « One Health » au sein de nos institutions. Selon ce concept, la santé humaine et la santé animale sont interdépendantes et liées à la santé des écosystèmes dans lesquels elles coexistent.