Dépollution des océans : Boyan Slat lance ses tests en mer du Nord

Vous souvenez-vous de Boyan Slat ? Ce jeune néerlandais, alors à peine âgé de 19 ans, imaginait en 2013 un système de récolte des déchets dans les océans en utilisant les courants marins. Début janvier, la fondation "The Ocean Clean-up" annonçait qu'un dispositif test sera mis en place dans la mer du Nord durant le deuxième quadrimestre 2016.

« Pourquoi irions-nous vers les déchets alors que les déchets peuvent venir à nous ? »

Alors que jusque là, les projets de nettoyage des océans envisageaient d'utiliser des bateaux pour ramasser les déchets flottants, Boyan Slat, étudiant de 19 ans, imagine en 2013 un système qui utilise les courants marins.

Il s'agit d'étendre deux bras flottants en forme de "V" qui viendront retenir les déchets marins et les dirigeront vers une plateforme centrale, afin qu'ils puissent être récoltés et recyclés. Cette méthode serait 7900 fois plus rapide et 33 fois moins coûteuse que les méthodes traditionnelles.

Boyan Slat a été sacré "Champion de la Terre" en 2014 par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement. Sa fondation, "the Ocean Clean-up", a récolté plus de 2 millions de dollars en un temps record grâce à une campagne de crowdfunding.

 

Test aux Pays-Bas avant le Japon 

Début janvier, la fondation "the Ocean Clean-up" annonçait le premier test du système en conditions réelles. Il aura lieu dans le courant du deuxième quadrimestre 2016 dans la mer du Nord.

100 mètres de barrières flottantes seront déployées à 23 kilomètres au large des côtes néerlandaises. Ce premier test servira de base pour la mise en place d'un autre système à plus grande échelle qui sera déployé au large de l'Ile Tsushima, au Japon, durant la deuxième moitié de l'année 2016.

À terme, si les tests se révèlent positifs, la fondation construira, d'ici 2020, un dispositif entre les côtes d'Hawaï et de la Californie, une zone qui concentre "un tiers des débris plastique des océans". Ce dispositif final mesurerait 100 kilomètres de long et permettrait la dépollution de la moitié de cet espace marin en l'espace de dix ans.

 

Malgré tout, un impératif de prévention

« Créer un tel système permettra certes d’améliorer la dépollution de nos océans, mais il est bien sûr primordial d’accentuer la prévention en amont », explique Boyan Slat. Ce constat est d'autant plus pertinent que le forum économique mondial de Davos révélait en janvier dernier une étude selon laquelle les océans contiendront plus de plastique que de poissons d'ici 2050.