Transition énergétique et lutte contre la précarité

Mardi, 6 Février 2018

Tandis que les ménages européens ont de plus en plus de mal à payer leurs factures énergétiques, l’Europe s’est engagée à réduire drastiquement ses émissions polluantes. Deux problèmes auxquels la transition vers les énergies vertes pourrait répondre conjointement ?

Depuis de nombreuses années, la précarité des ménages européens ne fait que progresser. Un Européen sur dix connaît désormais des difficultés pour se chauffer. En cause, l’augmentation des loyers et l’explosion de la facture énergétique qui touchent particulièrement les foyers les plus modestes. Si depuis 2001 les ménages du premier quartile ont vu leurs revenus progresser de 20 %, leurs dépenses consacrées au logement se sont envolées de 51 %.

Cette hausse des coûts plombe lourdement le revenu des ménages et participe à l’accroissement de la pauvreté. En France, 600 000 personnes sont venues s’ajouter aux 4 millions de pauvres en seulement dix ans et le système de protection sociale en place ne semble pas capable d’inverser la tendance.

Néanmoins, plusieurs actions sont menées avec des résultats plus ou moins satisfaisants. Ainsi, l’encadrement des tarifs du gaz et de l’électricité par les autorités pour protéger les consommateurs est appelé par certains acteurs, mais les tarifs régulés proposés en France sont désormais supérieurs à ceux du marché. De même, une politique européenne de rénovation des logements a permis la réhabilitation de 2 millions de logements aux nouvelles normes basse énergie, mais malheureusement sans que ne soit pris en compte les pratiques et les usages des habitants.

Malgré tout, d’autres pistes sont explorées pour résoudre ce double enjeu énergétique. Une première consisterait en une réforme du système de sécurité sociale dont les aides ne sont actuellement pas perçues par une large partie des ayants droit. La chercheuse Sophie Swaton propose quant à elle la mise en place d’un revenu de la transition énergétique qui offrirait à chacun la possibilité de se loger et de se chauffer en échange d’activités d’intérêt écologique. Enfin, d’autres préconisent d’équiper 1,5 million d’appartements avec des panneaux solaires afin de permettre aux ménages de disposer gratuitement d’une certaine quantité d’énergie et ainsi de diminuer leur facture.

Si la solution n’est pas encore trouvée, le dynamisme du débat témoigne de la prise en compte du problème dont les dimensions écologiques et sociales sont inséparables. En effet, la transition ne peut se faire en laissant de côté toute une partie de la population et elle représente une opportunité extraordinaire pour lutter contre la précarité.