La BCE veut se mettre au vert, un espoir vain ?

Mardi, 5 Novembre 2019

Lors de sa prise de fonction le 1er novembre dernier, Christine Lagarde a réaffirmé sa volonté de verdir l’action de la Banque Centrale Européenne. Si cette position engagée est encourageante face à l'urgence du processus de transition écologique, elle rencontre à ce jour de nombreux obstacles.

L’engagement de Christine Lagarde en faveur d’une finance européenne plus verte s’inscrit dans la continuité de son action menée au Fond Monétaire International (FMI). Alors présidente de l’institution, elle s’était prononcé en faveur de l’instauration d’une taxe carbone mondiale afin de lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Fraichement nommée à la tête de la BCE, elle espère à présent pouvoir agir concrètement à l’échelle européenne.  

Pour mener à bien cette politique, elle voudrait s’appuyer sur un outil développé en réponse à la crise de 2008 : le quantitatif easing. Celui-ci permet à la banque centrale de racheter des obligations aux grandes entreprises pour, à la fois assurer leur stabilité financière et soutenir leur développement. L’idée serait donc de réorienter cette aide vers les entreprises engagées dans la transition écologique et ainsi soutenir les initiatives en faveur d’une finance plus verte.

Le quantitatif easing, un outil décrié

Pour autant la tâche s’annonce rude à bien des égards. D’abord parce que le directeur de la bundesbank, la banque centrale allemande, s’est déjà opposé à cette pratique la jugeant coûteuse et trop proactive. Très influent au niveau européen, Christine Lagarde ne pourra faire autrement que de négocier lui.

D’autre part, le mandat premier de la BCE est d’assurer la stabilité de la zone euro et n’a, pour conséquent, pas le droit de mener des politiques trop brutales. Cette condition est d’autant plus limitante si l’on observe la politique monétaire menée sous l’égide de Mario Draghi, cette dernière soutenant majoritairement les entreprises des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Ainsi, si Christine Lagarde a émis des "voeux pieux", elle n'aura d'autre choix que de mener une politique des petits pas.